AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez|
brouillon rp
avatar
Messages : 1269
Date d'inscription : 26/10/2013
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: brouillon rp Dim 8 Oct - 22:02


LE LAC AUX LARMES
FT - DIOSA

Avant même qu'elle ait pu toucher leurs ailes brillantes comme du jaspe, les papillons de nuit qui virevoltaient autour d'elle s'envolèrent silencieusement et transcendèrent la profonde beauté nocturne du soir... abandonnant sur leurs chemin des poussières si scintillantes que tout œil y confondrait avec de la poudre de fée émanant depuis leurs membres déployés et ailés. Les hétérocères s'élevaient vers le ciel tandis qu'elle, jeune louve et simple créature terrestre, les regardait s'éloigner. Elle était là. Seule, en plein forêt adossée au pied d'un arbre, admirant ce triste ciel démuni de couleur à la belle étoile. L'impuissant sommeil ne parvenait pas à la conquérir, pourtant ses yeux rouges amarante commencèrent à perdre de leurs éclats, elle pouvait sentir ses paupières se faire rudement lourdes, presque pesantes, n'attendant qu'à ce qu'elle cède à la fatigue pour s’apaiser. Quitte à assouvir ses désirs de confort, elle préférait encore lutter contre l'épuisement pour se remémorer du temps passé avec eux ... Ces souvenirs qui s'amenuisaient chaque jour un peu plus, sombrant dans les méandres de sa mémoire.

Fort de ce constat, elle tâchait de supporter bravement la terrible solitude, mais, ces derniers temps, cela devenait de plus en plus difficile. Elle pouvait sentir le poison du désespoir s'infiltrer peu à peu dans son cœur souffrant imprégné d'un désir éphémèrement éperdu de s'évader ailleurs. "Ailleurs"... mais où ? Incapable d'apporter une réponse concrète à ses propres mœurs, elle-même n'en savait rien. Havre de songes qu'est la nuit où les étoiles sont allumées par ce vaste ciel noir, et moment idéal permettant une rétrospection sur soi, Lacie y avait réfléchi plus d'une fois à la question. Pourrait-elle un jour gagner sa liberté et briser les chaînes abyssales qui maintiennent en permanence son corps et son esprit prisonnier des tréfonds ténébreux ? Et s'il existait réellement un moy-- ... Inutile. Vaines sont les innombrable fois où elle avait tenté de forcer les portes de la liberté à s'ouvrir sans en posséder les clés et elle en est jamais parvenue à un résultat concluant. Pourtant, la jeune louve savait pertinemment que Dieu ne l'avait pas complètement abandonné à son sort. Un nom prononcé dans une prière muette puis subvenait un soupire exaspéré qu'elle venait de laissé échapper, sa fatigue était telle qu'elle venait à rompre le silence glacial qui régnait en outre sur les lieux. Cliché atypique de la princesse Raiponce des temps modernes, il n'était en rien flagrant de la comparer avec l'héroïne d'une histoire en manque de quelque chose même si toutefois une vertu plus alambiquée teint la vraie vérité, elle désirait simplement récupérer la liberté qui lui appartenait par le passé et qui lui avait été volé.

Détachant son dos de l'arbre d'un mouvement si fugace qu'il ne pouvait être feint, elle baillait bruyamment à s'en décrocher la mâchoire et, à force de somnoler passivement adossé à l'arbre elle pouvait sentir de désagréable douleurs musculaires parcourir le long de son corps. Elle tentait de les soulager en s'étirant exagérément les membres inférieurs en arrière d'un grand geste presque théâtrale, le buste bombé par l'inspiration, puis relâchait l'étreinte qu'elle s'exerçait sur elle-même. En une fois, elle chassait toutes les contractures qui menaçaient son bien-vivre. Pourtant soulagée de ses petits maux, ses oreilles de loup étaient de nouveau retombantes. Sous sa capuche l'expression de la louve ne trahissait rien d'autre que l'épuisement qu'elle disait ressentir. Ses yeux légèrement baissés semblaient auréolés de tristesse. Ses oreilles de loup d'ordinaire crânement dressées étaient couchées et sa queue dont elle tirait tant de fierté était recroquevillée contre elle. Qu'elle se remémorait sans cesse le passé avec tant de nostalgie prouvait qu'elle ne feignait pas son sentiment de solitude. Ses premiers pas modèrent le sol en direction du lac qui lui paraissait le plus proche... Bien qu'il serait plus approprier de dire que c'est l'unique lac à sa connaissance sur le terrain et elle n'en connaissait pas d'autre. Si elle avait volontairement choisie de s'y rendre, ce n'était sûrement pas à l'aveuglette, elle ressentait le besoin de reposer son esprit sous l'eau et refroidir sa démotivation qui tentait de bel à refaire surface.

À une dizaine de pas restant elle aurait pu entrevoir le bout du tunnel forestier mais étrangement elle ne les fit pas. Sa marche s'était interrompue lorsqu'elle cru apercevoir à l'instant une douce et faible clarté inhabituelle émaner depuis l'endroit où elle s'apprêtait à se rendre. Son instinct animal parlait instinctivement, elle reniflait l'odeur du lieu voisinage et, pour affiner sa déduction elle retirait délibérément d'une main hésitante sa capuche laissant alors paraître ses oreilles dissimuler. Pour le peu qu'il soit elle n'apprécierait pas que quiconque la surprend queue et oreilles dévoilées, même dans cette forêt qui est sienne sa vigilance ne retombait jamais à zéro, elle était la mieux placée pour savoir que l'homme ne connaissait pas la notion de la limite des territoires. Elle avait décidé de dévoiler au grand jour ses organes félins dans cette zone suspecte pour la simple et bonne cause que l'odorat ne lui suffisait pas pour chasser ce sentiment d'insécurité l'alarmant d'un potentiel danger, elle avait besoin de combiner ouïe et flair pour ajuster son intuition. A vrai dire, elle s'attendait à recueillir au moins des indices au cœur de l'intrigue mais rien de tout cela. Seul le bruissement des vagues remontait à son appareil auditif et elle ne détectait pas la moindre présence depuis son odorat. Ses sens feignaient qu'il n'y avait rien d’inhabituel or l'air du vent soufflait à son oreille qu'elle ne faisait pas fausse route et qu'elle avait raison de douter. Contrariée, elle grinça légèrement des dents et laissa s'évader un petit rictus amer. Pour sûr que ça ne l'enchantait pas le moindre du monde quand ses dons ne se révélèrent d'aucune utilité dans une telle situation alors que dans certains cas, ils pouvaient atteindre l'apogée de l'efficience. Plus futée qu'elle ne le laissait paraître, elle n'était pas sotte au point d'imaginer que le danger ne menaçait pas les environs et en est même arrivée à la conclusion que si elle ne rembobinait pas sa route dès l'or, sa découverte ne présageait de bien. Fuis, loin d'ici. Son instinct lui dictait de déguerpir aussitôt mais son esprit bien trop têtu l'empêchait de faire demi-tour. Son visage agité de tics nerveux et sa queue balancée de gauche à droite, branlée comme une balance mesurant l'étendue de nocuité trahissait son hésitation. Que faire ? Au final, sa curiosité bien trop imposante parvenait à départager le pour et le contre. D'un pas décidé elle s'avança, expulsant les derniers doutes qui tentaient d'influencer sur sa décision.

« ... Que ? » Les paroles de la jeune hybride figèrent l'air d'un instant.

Un rai de lumière troua l'obscurité, prise d'étonnement elle oublia presque de respirer. Ses pupilles brillèrent intensément dans les ténèbres, parfaite incarnation du prédateur examinant ses environs. Les oreilles auparavant dressées de suspicion furent maintenant baissées et une expression légèrement renfrognée vint remplacer son scepticisme. Ses yeux qui étaient irisés de méfiance quelques secondes plus tôt furent presque fermés, aveuglée par la source de lumière émanant depuis ce corps éblouissant planant aux dessus des eaux. Sur ses gardes, elle montra légèrement les crocs et lâcha un petit grognement. Lorsque l'aura irradiante s'atténua elle feint apercevoir la silhouette d'une ... fille ? Cette étrange lumière retraçant les traits pittoresques d'une humaine attisa toute son attention, sa curiosité avait raison d'elle. Elle s'avança d'un, deux, trois pas. Quand soudain ...

« ÉLISABETH ? »

Ses yeux s'agrandirent de surprise, elle ne put s'empêcher de frissonner et de retenir sa respiration. Tournant sa tête vers la voix qui l’interpellait Lacie se raidit et dévisagea la jeune femme d'un air ahuri. Elle était tellement captivée par le spectacle qu'elle n'avait pas senti la présence de cette dernière. La louve grimaça de frustration, indignée ne pas s'être perçue plus tôt de cette odeur empestant l'homme qu'elle abhorrait tant. Méfiante à l'égard de celle-ci, son expression se renferma et ses cils, quant à eux s’épaissirent. «Elisabeth» ? Avait-elle une tête à s'appeler Elisabeth ? À voir la jeune inconnue s'avancer vers elle, la louve se hâta de reculer. Elle claqua des dents et sa queue s'hérissa.

« Je ne suis pas Elisabeth. » Grommela-t-elle d'une petite voix ferme, avant de pointer du doigt la silhouette flottante au dessus du lac. « C'est sûrement elle, là-bas. »


Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 1269
Date d'inscription : 26/10/2013
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: brouillon rp Dim 15 Oct - 17:33


A PEAR IS A FAILED APPLE
FT - ARIËL

Le soleil ne pénétrait pas dans la ruelle où elle se trouvait. Les ornières étaient emplies d'une eau boueuse, tous les bâtiments paraissaient légèrement de guingois. Pas la moindre voix d'enfant s'amusant ne résonnait. La rue était peu éclairée et seuls les miaulements des chats et les battements des ailes des oiseaux venaient perturber le silence, les environs étaient plongés dans un silence de mort. Les taudis peuplaient en nombre cette triste l'allée qui s’incurvait au Nord où s'inscrivait une issue vers l'avenue commerçante. À la voir emmitouflée dans sa cape, elle tentait au mieux de camoufler ses oreilles et sa queue sous ses vêtements avant d'emprunter ce même trajet qu'elle avait l'habitude d'entreprendre chaque matin pour se rendre dans monde des hommes.

Piégée dans un corps qui ne lui permettait de marcher qu'avec la faim, son ventre criait famine. Ses pieds pesaient de plus en plus lourd, ce qui l'énervait. Elle serra les dents et, tout en réalisant la futilité de son geste, un soupire lui échappa.  Elle avait tellement faim. Les prêtresses du temple sous sa protection n'avait mis qu'à sa disposition des aliments qui résistaient au froid comme le pain de seigle, la viande séchée à peine salée et des légumes qui se conservaient longtemps, comme l'ail ou l'oignon. Malheureusement, Lacie avait l'odorat trop sensible pour en manger et ne supportait l'amertume du pain de seigle que s'il était mélangé à de l'eau. Pour cette gourmande de nature, ce traitement s'apparentait à une véritable torture. Cette pensée laissa un trou béant dans son cœur, mais lui permettait également de se dire qu'au moins, l'égoïsme chez l'homme était claire. En dépit de l'heure matinale, de nombreux marchands s'activaient à l'emplacement du marché qui occupait la grande place de la ville. Le regard de Lacie avait foulé les stands de marchandises, il y avait pas mal de choses à déguster, alors elle pouvait d'or et déjà commencer à saliver. Les marchands étaient trop occupés à exploiter habillement leurs position pour récupérer le plus d'argent possible en s'entretenant avec leurs clients tandis que la jeune louve affamée ne pouvait plus résister plus longtemps au détriment de la faim. Dans sa main, là, une pomme qu'elle venait de chopper avec la désinvolture d'un animal. Puis, elle s'est enfuie.

Elle s'apprêta à croquer dans sa pomme, quand tout à coup ...

« Eh, personne capuchonnée, tu veux des pommes ? »

Sa queue tressaillit légèrement et son cœur manqua un battement en entendant le mot "capuchonnée". La louve avait le choix de ne pas se retourner, or décidément trop curieuse de découvrir la tête de celui qui l'a surpris, elle se retourna lentement et le foudroya de ses yeux rouges ambré en montrant un ses crocs, trahissant ainsi son mécontentement. Toutefois, le ton joyeux de son interlocuteur et son comportement arrivait à la rendre curieuse, elle se daigna donc de l'écouter jusqu'au bout.

« Pardon ... ? »

Au moment où il lui tendit les pommes, elle fut plus qu'étonnée qu'il se comporte de la sorte à son égard. Essayait-il d'acheter sa confiance ? Ses sens aiguisés pouvaient couvrir de honte le plus rusé des menteurs, pourtant elle ne percevait pas l'ombre d'un mensonge chez cet mystérieux inconnu.

« ... Je n'ai pas besoin d'aide. » Rétorqua-t-elle, le regard détourné et courroucé. Elle fut que trop fière et réticente pour assumer clairement qu'à instant, elle priait encore pour qu'une âme charitable vienne la sauver de cette famine. Et cette main qui vint déjà accrocher le sac de pomme, c'est quoi ? Sa mauvaise foi se fissura.

Quel homme intelligent. Il savait qu'en lui posant cette question, elle serait incapable de répondre franchement que oui, elle voulait des pommes.
Mais elle le dit quand même.

« J-Je veux ... Des pommes ... » Gênée, ses joues finirent par prendre une teinte rosée.


Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 1269
Date d'inscription : 26/10/2013
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: brouillon rp Dim 15 Oct - 17:33


À CHAQUE RENCONTRE, UNE NOUVELLE HISTOIRE S'ÉCRIT
FT - LYSANDRE

Sans clarté, sans lumière, sans guide désormais et minuit passé, l'animal est outre mesure bien trop opiniâtre pour tolérer les prêtresses à gouverner son indépendance trop longtemps. Elle déshonora son rang pour une énième fois, le sourire futé grand jusqu'aux oreilles elle quitta son poste dans la plus grande discrétion qu'il soit et se rendit dans le dédale des placide couloirs du temple en secret. Tantôt sa jeunesse se consumait dans l'obéissance, tantôt son cœur lui, dépérissait dans l'antipathie. Au prix de sa curiosité un poil trop acérée, elle se savait ne pas être à l'abris des complications. Ce prix qui suscitait, semblablement, qu'à ses propres plaintes prétendaient d'elles-mêmes qu'elles eurent pas raison d'exister. Qu'elle fit la seule responsable des conditions qu'elle subissait, par conséquent, sa raison feignit elle aussi d'abandonner sa seule maîtresse. La louve ne languit pas sur son sort pour autant. Le style de vie qu'elle menait s'avérait abrupt, parfois véhément de temps en temps mais loin d'être inabordable, cette façon de vivre assouvit la passion encrée en elle qui l'ambitionne à voir le monde sous un nouveau angle et qui vint chaperonner son âme d'aventurier, bien qu'elle se disait être une insatisfaite, elle portait une meilleure estime à la recherche qu'à la possession, préférant partir d'elle-même en quête de ce qui lui manquait de ce qui lui avait été donné. Lacie avait effectivement une drôle de façon de voir les choses, de manière à considérer que ses mésaventures étaient prédestinées à être liés à quelque chose de bien, que son chagrin ferait naître une fleur au milieu d'un champ de désespoir, que tout ce qui se décompose s'assemble pour reformer un tout meilleur néanmoins, elle n'a jamais été capable de prétendre que le monde l'aurait créée parce que le monde aurait besoin d'elle.

Et ça, elle n'en avait que faire.

Elle aime un monde qui la rejette;
la réciprocité n'est pas au rendez-vous

Mais elle n'en avait que faire.

Là ou le noir demeure toutes les couleurs se meurent, hormis ce rouge profond et imperméable aux ténèbres qui teint les pupilles de l'hybride. Ils sont comparable à deux gros rubis aux éclats rougeâtre vifs et brillants dans l'obscurité. L'étrangère porte le nom de l'enfant maudite parce qu'elle ne ressemble à personne. Rouge élogieux le jour, rouge réprobateur la nuit, une couleur bien mystérieuse qui n'a su trouvé son équilibre ni dans blanc ni dans le noir.

Mère nature aborde les prodiges du mérite,
nature divine qui accomplit à elle seule des miracles,

qu'elle porte aux sacrifices.


Ce soir-là, elle errait en liberté d'un pas pressé mais prudent dans les couloirs du temple en quête de nourriture. La douleur tiltait sa faim, l'un après l'autre survient des contractions rebutants qui compressaient son ventre, comme de petits pincements venant à présumer que le dîner n'avait pas rassasié son appétit d'ogre. Pas un grain de riz de plus ni de moins, comme tout le monde, elle avait eu sa part de façon équitable quand t'il à fallut diner. La question ne se posait pas, elle ne mangeait jamais assez, la borne censée saquer son appétit est impropre, si bien qu'elle n'existait peut-être même pas. La gardienne du temple était plus occupée à combler sa faim qu'à défendre les lieux, en dépit de son grade, elle n'en restait pas moins une femme avec l'esprit d'un enfant encore jeunot, irrépressiblement candide. Elle refusait de l'admettre, sa fierté plus haute que les cieux ne conspirait pas avec l'honnêteté, parfois, rare quand même cela dit, elle devenait malhonnête. Chacun de ses pas quiet un silence minimisant à réduire sa présence au maximum, cherchant comme à camoufler son existence et ne fondre qu'un avec le décor; elle longea le mur, la main accoster contre elle pour lui servir de support dans sa marche sur la pointe des pieds. Elle s’efforça à maintenir sa démarche paresse du mieux qu'elle le peu, tentant de reposer le moins de sa force dans chaque pas qui précèdait l'autre, abstenant ainsi le sol en bois de grincer sous son poids. Son attitude de prédateur qui chasse sa proie laissait encore à désirer, en réalité, si une prêtresse dans les environs pouvait la percevoir, elle actuellement, en train d'essayé en vain de limiter son nombre de pas, elle serait plus vite perçu comme un guignol que quelqu'un qui tente véritablement se faire discret.

Dieu sait ô combien la louve ne supportait pas l'amertume des aliments comme le pain de seigle, dur comme de la roche, endurcit par le vent, la viande séchée, impossible à mastiquer, et encore moins l'ail ou l'oignon, inabordable pour son odorat. Plus elle s'aventurait dans le gouffre du couloir, plus elle espérait que ses prières puissent atteindre les oreilles du tout-puissant. Elle priait. Elle priait si fort au point de retenir sa respiration. Tout, n'importe quoi ferait l'affaire, pourvu que l'immangeable n'y soit pas. Les paumes de mains agglutinées et serrées entres elles, les phalanges crispées les unes contre les autres, elle mimait une prière, les sourcils inquiets, les yeux fermés, implorant Dieu d'exaucer son souhait.  

Une porte. Elle saisit le poignet et l'ouvrit.
Ses yeux allèrent là spontanément comme s'ils avaient su par avance où étaient les figures. Son visage, épanoui le moment d'auparavant, devint désappointé. En hommage à l'espoir qui ravivait son espérance, le temps fusionne avec le silence. Sur la table, là, du pain de seigle et de la viande séchée, comme elle l'avait indirectement prédit. Elle s'était tant efforcé à détourner les yeux de la réalité qu'elle réalisa même pas qu'elle l'avait déjà deviné, mais son corps savait la vérité, pour preuve elle paraissait plus contrariée qu'étonnée tandis que ses ongles se comprimaient dans les paumes de ses mains serrées. « Gr. » Un mécontentement lui échappait depuis le fond de sa gorge, coincé entre les dents. La fillette respirait la frustration, le petit croc qui mordait sa lèvre inférieure ne feint pas le contraire. Elle était maline, mais il y avait plus maline qu'elle - les prêtresses.

Elle n'avait pas besoin d'un effort sur sa pensé pour savoir ou dénicher de la bouffe, son instinct parlait en son nom, elle avait déjà et d'or entamé la route vers la ville. Elle pouvait se montrer têtue, la louve, quand elle est décidée. Il lui est étonnant de voir à l'horizon la ville d'Ariesten plonger dans une noire stupeur anéantissant, la froideur y étant triomphante, l'opposé exacte de ce qu'elle laissait paraître d'elle le jour. À quelques mètres de la frontière de la ville, elle s'apprêtait, comme à son habitude, à emprunter ce même chemin sinueux qu'elle utilisait quotidiennement à l'aube pour s'y rendre. Tout lui paraissait anodin, à quelques exceptions près. En premier lieu son ouïe fin semblait estimé l'éventuel présence d'une marée d'homme dans un chahut étonnant qui se fit bien encore plus surprenant à cette heure-ci du soir. Tout à coup, un nouveau bruit s'éleva, ce qui l'étonnait le plus, c'était cette voix qui perça l'obscurité. À qui appartient-elle ? Et comment se fait-il qu'elle n'avait pas perçu sa présence bien plus tôt ? Les sourcils de la gamine tendirent à s'épaissir d'un aspect sévère, ses deux yeux rouges qui côtoyèrent le noir cherchèrent à distinguer ce visage qui était dans l'ombre. Son odeur lui semblait familier, particulièrement familier, mais sa mémoire contesta ses souvenirs. Quelque part, le parfum de l'inconnu lui rappela un arrière goût de destiné solidaire entremêler avec le hasard. Elle ne lui répondait pas. Tout du moins, pas avec des mots. Les bruits de pas qu'elle avait entendu, les paroles de cet homme, son instinct jura que tout était lier. Sous la menace de l'inconnu il aurait été normal qu'elle se sauve à toutes jambes. Qui es-tu ? Elle doit savoir.

Sur un pas d'appui, elle bondit à vif allure sur lui, la main tendue vers son visage, ses doigts parviennent à chevaucher la capuche de l'homme mystérieux. Sa curiosité était à risque. Sa curiosité dévorait sa conscience. Elle doit savoir.
 


Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 1269
Date d'inscription : 26/10/2013
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: brouillon rp Dim 15 Oct - 17:33


titre rp rag
FT - RAGNAR

Elle n'avait ni les jambes croisées ni entouré ses genoux de ses bras. Elle était simplement assise, immobile, le regard fixé au loin, scrutant toujours ce qui se passait de l'autre côté de la fenêtre. Ses yeux suivaient le pas de la cadence des flocons de neige qui dévalaient d'un mouvement amolli depuis le ciel grisâtre, venant s'entasser les uns sur les autres et s'affaler au sol formant une vulgaire couche blanche à l'allure d'un manteau épais, exaltant la brise glacée de l'hiver. Le froid avait figé son corps et glacé son temps. Il neigeait. Elle ne convoitise rien Lacie, juste admirer ce paysage durant des heures entières jusqu'à ce que le froid vienne la ronger jusqu'aux os. Sa peau terne venant comme à rougir se mit à virer au rouge. Et le vent, fier comme un voleur lui ôta le peu de vivacité qui résidait encore à l'instant dans ce petit corps frêle, bercé d'une chaleur oubliée qui devint plus que douleur. Le froid ne la mortifiait pourtant pas, non, pour sur qu'elle s'est délibérément laissé s'en faire envahir, sans inquiétude, sans timidité, la rendant alors frileuse, mais pas encore malade. Les secondes, les minutes, les heures se consumaient mais, cette impression que le temps la trompait n'est guère frivole, comme si l'instant s'étouffait, misérablement, peinant à avancer contre son gré, prisonnier de sa destiné, sans avoir le droit de fléchir ni de faillir.

Le cri d'un temps condamné qui souffre, le ressenti soudain du vécu qui s'entremêlaient avec ses pensées, là voila qui s’interrogeait sans se heurter, toutefois, à ce qu'elle croyait déjà savoir, préférant alors s’enquérir auprès d'ailleurs en pensant à lui, et admirant par moment ce même tableau enneigé qu'elle n'avait toujours pas lâché des yeux. Elle n'y pouvait rien Lacie, aussi byzantine soit-il que son temps se meurt, celle qui ne sait rien ne peut agir, ne réalisera t'elle jamais sans doute qu'elle avait compris sans le vouloir, sans le savoir, sans ni même comprendre. C'est sans importance. Et de cette ignorance naît l'importance désintéressée, abritant comme un trésor hors de sa porté, parce que le cœur est malhonnête avec lui-même plus qu'il ne s'apparente, preuve que l'inconnu dissimulait parfois du beau. Dans ses yeux on y voyait le reflet d'un enfant qui joui parce qu'il découvre. La bouche grande ouverte, le regard émerveillé, un mot exprimant son émerveillement lui glissa sous la langue, décampant depuis ses lèvres glacées.

Et là, un visage lui vint à l'esprit,
perforant la brume qui s'étendait à perte vue dans son âme

Une buée s'y colla à la vitre,
son doigt caressa les traits d'un portait,
elle traça doucement, lentement,
la douce chimère que son cœur lui montrait

Ça arrivera. Un fait ayant une chance d'arriver y arrivera, aussi improbable qu'il soit, c'était plus qu'une évidence; c'était une certitude. Là-bas au loin on y voyait la silhouette gracile de la louve insouciante qui danse à cœur de véhiculer la joie, les pieds trempés dans la neige brûlante qui mordait à vif sa chair. Ses émotions muettes hurlaient trop fluet pour éteindre l'ardeur, dans chacun de ses gestes se déversent leurs ampleurs, le corps obéissant au cœur. La louve imite le criquet heureux qui sautille sur place, disposée déjà à recharger un bond encore plus surfait que le précédent. Elle était très heureuse, trop heureuse et dans l’inconsommable joie qui la ravivait le pourquoi ne se posait pas, il n'y avait pas de place pour le doute, que de vérité, ladite place y étant déjà occupée par le truisme. Et pour l'heure, elle avait déjà quitté le refuge, il s'agissait du petit entrepôt en ce lieu sacré où elle y avait passée la nuit, pour se projeter enfin, dans la toile blanche qui l’enivrait depuis l'aube. Les épaules de la rouquine tressautèrent quand l'air frileux vint lui frôler la joue, en plus du souffle matinal qui s'harmonise et forme la paire avec l'hiver, la température, bien plus coriace qu'elle n'osait y croire persiste à lui glacer les échines. Mais la gamine ne se laissa pas intimider. À gigoter et s'épuiser aveuglement depuis trente minutes, elle gagnait en ardeur, bien qu'elle ne soit vêtue que de quelques bouts de tissu léger qui fauta à envelopper sa chaleur corporelle et qu'elle ne chaussait que des vulgaires chaussures souiller, la louve était répondante au froid qui menaçait de l'avaler. Ses orteils se comprimaient dans ses bottes, son esprit  traversé par une clarté, elle sembla réaliser futilement, - mais heureusement bien avant qu'ils ne deviennent des bâtonnets glacés - que ses phalanges surtout commencèrent à se faire empiéter par la rigidité à faible dose, à force d'être enfoncés deux, trois, quatre fois de suite dans la neige.

Et pourtant elle ne bougeait pas Lacie, la douleur aura beau la tilter, l'obligeant plus qu'elle ne lui suggère de déguerpir elle ne bougera pas. La petite rousse se savait infatigable à souhait, parfois même jusqu'à aller enfreindre la paix avec elle-même et c'était peu dire, mais celui qu'il faut blâmer là c'est l'harmonie qui se joue d'elle et qui vint lui faire porter le chapeau du mauvais rôle, après tout, elle ne demandait qu'à ce que l'hiver lui partage un peu de son temps. L'animal s'accroupit devant le tas de neige à ses pieds, à l'aide de ses petites mains maigrelets elle construit une petite boule de neige, puis une seconde moins volumineuse que la première. Elle superposa la plus petite boule sur la plus grosse et avec les pierres et les petits bâtons qu'elle avait sous la main, elle compléta son bonhomme de neige. « Plue ! » Ce n'est qu'un prénom, un prénom parmi mille autres qui est devenu le sien car Lacie l'avait décidé. « Tu viens avec moi. » Plue ne dit pas non. Plue ne sait pas dire non. La gamine fit ensuite courir le bâton qu'elle tenait en main dans le sol blanc et dessina six lettres distincts. Elle fait ce qu'elle pouvait, l'analphabète, pour écrire de son mieux ! Mais hélas ses efforts n'étaient pas fort payé, rien qu'à observer ses R qui manquaient de ressembler à deux branches d'arbre entremêler entre elles pour former un tout.

Ϝ A G ᚢ A Ϝ

« Je veux revoir Ragnar ! » La germe enclot par deux syllabes, le son enclavé sur lui-même qui suffoque, son dynamisme fendit le silence. Et pourtant, il y avait presque un sentiment de regret qui l'abritait, le sentiment de ne pas l'avoir hurlé assez fort au point de réveiller le monde et déranger les morts.

L'impatience est une source qui a soif et sa course en débite, ses pas dictés par l'élan lui firent faire courir à toute allure en direction du cabanon où y résidait Ragnar. Dans la neige, elle rependait des petites traces qui dessinent un chemin sans retour. À bas son âme qui se livre aux passes-temps vains. Tout comme une image parle d'elle-même, et d'autant plus qu'elle n'hésite pas à s'afficher, son attitude patauge entre la joie et l'excitation à l'idée de le revoir. Pas seulement pour montrer Plue qu'elle venait de construire, parce qu'il y avait ça et aussi cette chose, là, fichu dans sa poche qu'elle tenait à lui donner à tout prix. Éprise de tant de confiance, la voila muette comme un francolin pris parce qu'elle savait la vérité, que ses petites attentions n'étaient qu'un leur pour laisser moins paraître ses sentiments plus sincères. Elle osait l'approcher pour ce qu'il est, parce qu'il représente pour elle ce dont il ne le s a i t pas. Lacie fit claquer ses dents, exhalant avec vigueur un souffle blanc. Elle souriait tel un enfant qui, sous couvert d’innocence, prépare une surprise. L'air se froissa quand t'il l'entendit éternuer deux fois consécutivement, par réflexe elle se courba un peu, puis sa tête venant à s'entrechoquer accidentellement avec celle du bonhomme de neige, oubliant qu'elle tenait la chose entre ses deux mains. Lentement, mais sûrement, la tête de cette dernière se détacher de son corps, puis fini tombé au sol, roulant sur elle-même et toucha terre au pied d'un mur. Quant à la sauvageonne, son cerveau fut bien plus long à détendre, sans surprise, Lacie était essoufflée; mais sous la capuche de sa cape rapiécé elle avait les joues rouges et le regard brillant d'excitation; comme chaque fois lorsqu'elle est arrivée. Son sang de louve avait dû s'échauffer pendant la course, et sur le coup, elle n'avait pas saisit que la partie la plus importante de l'homme-neige qui venait de décoller. Elle porta son bras gauche à son nez pour essuyer la morve qui dégoulinait depuis ses voies nasales lorsqu'elle était prise d'éternuement. Les autres diront


Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: brouillon rp
Revenir en haut Aller en bas
brouillon rp
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Sujets similaires

-
» Brouillon ?
» Comment fait-on un brouillon ?
» 15- Brouillon QG - Inquisiteurs non nommés
» La galerie de Lisou' !
» Tactica anti chose-mortes- brouillon

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Ai no yume :: Incarne un personnage et viens t'amuser avec le RPG :: ♦ Manga ♦-